Un rêve récurrent
Avant la saison de chasse à l'arc, à chaque année, je vais souvent faire de la prospection, pour voir les signes de présence des chevreuils, sur mon territoire. Habituellement, je prend le temps de m'asseoir, sur un de mes postes d'affût, continuant à savourer la chaleur de l'été.
Je sais que je rêve tout réveillé, mais je ferme les yeux. Je vois arriver
en trottinant le chevreuil, de mes rêves, portant fièrement un panache
imposant. J'entends clairement le bruit, qu'il fait dans les feuilles
mortes. Je le vois finalement contourner quelques arbres, il arrive à moins de 20 mètres, juste en face de moi.
Il se tient dans une éclaircie, dans une
des lignes de tir que j'ai aménagée, sous un rayon de soleil éclatant.
Le soleil réchauffe la terre mouillée, crée un genre de brume autour
de ses pattes. Il se tient là, tout près de moi, dans toute sa gloire. Le
roi de la forêt, semble s'offrir complètement à moi.
Heureux de vivre
Il se penche la tête, prend une grande respiration. Il se liche le nez, tout en relevant la tête, dans l'espoir de déceler un quelconque prédateur, dans les environs. As-t-il décelé ma présence ? Puis il s'en va lentement, dans un crissement de feuilles mortes, qui s'atténue avec la distance. Il semble juste heureux, d'être en vie.
Je pense souvent à ce rêve, parce que j'ai la chance de chasser à chaque automne, depuis plus de 30 ans. Quand je suis sur mon poste d'affût, je suis comme lui, juste heureux d'être en vie.
Heureux de contempler les arcs-en-ciel, d'admirer
les feuilles qui jaunissent, puis rougissent, ainsi embellir le
paysage, alors que les journées raccourcissent, de respirer les odeurs de
l'automne, de voir le grand V des outardes, qui se préparent, pour le
départ annuel vers le sud.
Quel merveilleux pays nous avons, nous les Québécois.
André Nanook Simard


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